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"Origin of Stars"
Un grand élan d'affection pour une si belle artiste …
Voilà tout ce que l’on peut exprimer à la réécoute d’un album déjà en soi étonnant, et sublimé lorsqu’il est interprété en live par cette jeune canadienne dont la modestie et le naturel n’ont d’égal que la beauté de sa voix, la richesse de ses compositions et la force de son univers.
Comme n’ont pu que le constater, ébahis et transportés, la poignée de veinards qui ont eu l’occasion de l’entendre hier soir au Sunset à Paris.
Le style de la demoiselle (son univers, en réalité) est en soi difficilement descriptible : teinté de folk, de jazz, de performances vocales « a cappella » (« Song X »), tout cela pourrait être en soi foncièrement indigeste.
C’est au contraire, par une sorte de miracle, incroyablement fluide, naturel, gracieux …
Arrangements minimalistes, instruments (guitare sèche, trompette, basse) qui se fondent naturellement avec un timbre vocal pour lequel ils dessinent un parfait écrin, tout ici n’est que pureté.
Kyrie ne connaît ni frontière musicale, ni frontière historique (elle rend hommage aux trobairitz, femmes troubadours des 12è et 13è siècles, sur lesquelles elle prépare une thèse et interprète le morceau qu’elles nous ont légué), ni frontière géographique (évoquant avec la même grâce sa terre natale que sa terre d’adoption, avec des détours notamment par l’Espagne).
Elle transcende les clivages de la manière la plus naturelle et évidente, pour nous ouvrir avec finesse et générosité les portes d’un monde qui lui est personnel, puisant sa force dans la nature (« Birdsong », "Origin of Stars"), l’histoire et la poésie.
Comme une invitation à un voyage qui n’est en aucun cas imposée (Kyrie n’est pas une sirène aguicheuse, elle nous convie) mais qui ne peut se refuser.
Le voyage peut d’ailleurs faire escale aux portes de chez nous, à condition d’accepter de laisser derrière nous, le temps d’un concert, notre approche pragmatique du quotidien et d’accepter sa vision d’un Montmartre désuet et rêvé, certes utopique, mais ô combien touchante.
En ces temps troublés, comme résister à une telle parenthèse enchantée ?
Note : inutile, à découvrir en concert