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La jeunesse britonne s’éclate dans des projets parallèles sous influence … et avec quelle classe.
On se souvient des Last Shadow Puppets, qui avaient permis de révéler au grand jour le talent de composition et la culture musicale du bonobo en chef Alex Turner et de son ami Miles Kane, alors leader de feu The Rascals, et qui s’épanouit désormais dans une carrière solo fort prometteuse.
A dire vrai, à la sortie du premier album de The Horrors, on n’aurait jamais cru que le leader Faris Badwan soit en mesure d’élever à son tour son art à un tel niveau. Nom idiot, look « tokyohotellisé », compositions décevantes, l’engouement autour de ce groupe nous avait ab initio semblé un tantinet disproportionné.
Mais on avait tort, et l’excellent deuxième album desdits Horrors, qui n’avait rien à envier aux plus belles heures du krautrock , avait été un premier signal.
Confirmation avec ce lumineux projet parallèle, que Faris Badwan mène en compagnie de sa dulcinée, une certaine Rachel Zeffira.
Ici, c’est plutôt d’hommage aux girls-bands des 60’s dont il est question, spécialement les Ronettes de Spector (la filiation de production est évidente).
Mais de la même façon que les inexplicablement sous-estimés Raveonettes, qui revendiquent pourtant également des influences qui ne datent pas d’aujourd’hui, rien ici ne sonne anachronique.
Ce qui prouve que l’on peut avec talent s’approprier le passé tout en restant moderne.
L’équilibre miraculeux de cet album réside dans l’univers très personnel qu’ont su créer les deux compagnons, bâti sur une alchimie parfaite entre deux voix mises en valeur par une production délicieusement rétro, et des compositions éblouissantes de sobriété (« Sheena is a parasite » est bien loin) et de classe.
Ce qui en fait l’album le plus élégant entendu depuis, justement, le « Pretty in black » des Raveonettes (un des meilleurs albums de la dernière décennie, soit dit en passant).
Tantôt les amoureux la jouent en duo, et cela donne des merveilles comme « Face in the Crowd », qui aurait pu être la bande son parfaite d’un ancien James Bond avec Roger Moore ou Sean Connery.
Tantôt l’un écoute l’autre, et l’on préfèrera alors les morceaux interprétés par Rachel Zeffira (« The best person I know », « Bandit »), les qualités vocales de Faris Badwan n’étant pas encore tout à fait à la hauteur de ses compositions, ce qui se ressent dans ces ambiances minimalistes davantage que sur les albums des Horrors.
L’ensemble demeure cependant très homogène, et constitue l’une des plus réjouissantes surprises de ce début d’année 2011, qui n’en est pourtant pas dépourvu.
Le troisième album des Horrors ne manquera pas, on en est sûr, de le confirmer.
Note : 8,5 / 10