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MOSQUITO
Cet album marque définitivement une rupture dans la discographie des YYY’s, une remise en cause de la philosophie originelle du groupe. Et ce à plus d’un titre.
Conçu originellement comme un power-trio, avec des compositions à la structure simple dominée par les guitares tranchantes de Zinner et les éructations punk de l’insaisissable Karen O, le groupe s'est littéralement métamorphosé. Les effets de production sont omniprésents, régulièrement étouffants et pas toujours du meilleur goût. Le plus surprenant venant encore du nombre de morceaux dominés par une ligne de basse (« under the earth »), instrument à l’origine écarté du trio.
Définitivement rangé également le proto-punk arty de « Fever to tell ». Les YYY’s veulent élargir leur spectre musical, s’acoquinant avec d’autres genres (gospel sur « Sacrilege », rap sur « Buried alive » …). Sans que l’on soit réellement convaincu de la pertinence de la chose. Encore moins de sa cohérence …
Mais le constat le plus désarmant est que les YYY’s se prennent désormais extrêmement au sérieux, et en deviennent presque angoissants. Si par hasard la pochette –hideuse- laissait encore planer quelques doutes, les titres de l’album enfoncent le clou : « sacrilege », « buried alive », « slave » … Encore une fois la production, oppressante au possible, n’arrange rien. Au point de noyer un talent mélodique pourtant intact (« subway », under the earth »). Et surtout de rendre illusoires, pour ne pas dire pathétiques, leurs tentatives de renouer avec leur grain de folie originel (« mosquito scream : « i suck your blood ! I suck your blood ! bbbzzz » Sérieux ?)
Heureusement lorsque les YYY’s acceptent de se délester de ces atours disgracieux, ils restent encore capable de trousser des écrins à la mesure de la présence vocale de Karen O. « Despair », antépénultième morceau de l’album et de loin le plus épuré, est sans doute leur composition la plus aboutie à ce jour.
Malgré cela, difficile de trouver encore un sens au nom du groupe …
Note : 5/10