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THE STROKES : COMEDOWN MACHINE

C'est peu de dire que l'on attendait plus grand chose des Strokes. Pourtant, après un dézingage tous azimuts dans la presse dite spécialisée, l'heure serait-elle à la réhabilitation ?

 

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Peut-être, pour écouter voire apprécier les Strokes version 2013, faut-il se garder de deux écueils.

 

Le premier : attendre un nouveau "Is this it". De toute évidence ils n'en ont aucune envie, ce qui clot le débat. Et sans doute est-ce une très bonne chose. Le premier opus des new-yorkais appartient en effet à une époque qu'il a à sa manière définie ; aujourd'hui il sonnerait anachronique. Que celui qui a récemment écouté cet album de bout en bout nous jette la pierre ... 

 

Le deuxième : s'imaginer que les Strokes sont capables de pondre un album intégralement efficace. Si l'on accepte d'examiner leurs antécédents avec une certaine objectivité, on admettra que la moitié des morceux étaient à jeter sur le deuxième album, un bon tiers sur le troisième, l'intégralité sur le désespérant Angles.

 

Ce qui nous permettra ici de faire l'impasse sur les (très) dispensables "Partners in crimes" et "Call it fate call it karma".

 

Si dans ces conditions on s'autorise une virginale écoute, et même plusieurs en réalité car la première peut être un peu délicate (même si le single "one way trigger" nous y avait préparés), une bonne surprise n'est pas exclue.

 

Car là où Angles montrait un groupe décomposé, avec des collages de parties censées constituer des morceaux (ont-ils vraiment pensé faire illusion ?), les Strokes ont retrouvé un vrai sens de la mélodie, simple et accrocheuse ("happy ending").

 

Certes, on peut se gausser des parties vocales de Casablancas sur certains morceaux ("one way trigger" étant l'acmé), des claviers cheap, il n'en demeure pas moins que les morceaux même les plus osés fonctionnent ("Tap Out", "80's comedown machine", "welcome to Japan").

 

Et lorsque les Strokes ressortent les guitares, comme sur l'excellent "All the time", une forme de nostalgie s'installe (parfaitement instrumentalisée par le clip d'ailleurs), qui serait destructrice si précisément le reste de l'album n'était pas au niveau. Idem pour "50/50" qui permet de constater que Casablancas a toujours une voix (c'est juste qu'il ne s'en sert plus, ce qui est d'ailleurs le seul véritable regret que l'on peut nourrir à l'égard de ce disque).

 

Alors certes ce n'est pas une révolution, juste un épiphénomène ... Mais il est loin d'être négligeable pour ceux qui ont grandi avec la musique des Strokes ... Certains fans de la première heure pousseront des cris d'orfraie, on ne les en blâmera pas. D'autres y verront peut-être un message plus universel : évoluer pour vieillir tout en restant dans l'air du temps.

 

C'est un peu ce à quoi on aspire tous, non ?

 

Note : 8/10

 

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