ELECT THE DEAD
Pourquoi une chronique d'un album sorti l'année passé, me direz- vous ?
Réponse :
1) : il n'est jamais trop tard pour bien faire,
2) : le fait que le Serj en question ne soit autre que le leader de System of a Down ne donnait pas, d'emblée, une envie folle de se plonger sur cet album ... Jusqu'à ce qu'un récent concert à Rock en Seine remette en question certains a priori.
Après ce (nécessaire) préambule, penchons-nous donc sur l'objet.
D'emblée, le bât blesse sur un point, qui pourrait se résumer par l'expression : "chassez le naturel ...".
Car la formule intro harmonieuse et apaisée, puis sans transition refrain bourrin, puis couplet harmonieux et apaisé, puis à nouveau refrain bourrin, et ainsi de suite ... on la connaît : elle a été suffisamment éculée sur les albums de SOAD ...
Elle revient pourtant sur une bonne moitié des compos de cet album, ce qui donne des morceaux redondants, donc dispensables ("Feed us", "Saving us"), voire même franchement lourds ("Money").
C'est toutefois lorsque Serj Tankian sort des sentiers battus que cet effort solo devient intéressant et, en définitive, prend tout son sens.
Car, et c'est indubitable, l'homme a du talent : un timbre de voix à nul autre pareil, un sens mélodique affuté, et une aptitude jouissive à utiliser à bon escient aux harmonies orientales ...
Lorsque tous ces ingrédients sont réunis, sur des titres avec des constructions plus originales, cela peut faire mal, très mal ("The unthiking Majority"), voire même constituer de véritables morceaux de bravoure ("Empty walls", "Lie lie lie").
Le final, "Elect the dead", tout en retenue et en émotion, clôt d'ailleurs à merveille cet album inégal dans l'ensemble, mais foncièrement attachant et, surtout, prometteur ...
Note : 7,5 / 10